Inventaire de livres – Bayeux, Notre–Dame, cathédrale — 1437 Source
"Inventaire de livres – Bayeux, Notre–Dame, cathédrale — 1437" dans la base BMF (permalink : https://bmf.irht.cnrs.fr/117262). Consultation du 04/04/2025.
Bayeux, Notre–Dame, cathédrale — 1437
BMF - Bibliothèques médiévales de France
1437/02/06
(nouveau style)
1437 (n. st.), 6 février.
L’inventaire intitulé "Inventarium librorum existentium in libraria nova ecclesie Baiocensis, factum per venerabiles et circumspectos viros dominos et magistros Johannem Fabri succentorem, et Guillelmum Auber penitenciarium et Johannem Gervasii canonicum dicte ecclesie Baiocensis per Capitulum ipsius ecclesie ad hoc commissos, anno Domini millesimo ccccmo tricesimo sexto, die sexta mensis Februarii", décrit les livres de la bibliothèque du chapitre, certainement au lendemain de l’installation de la collection capitulaire dans la nouvelle bibliothèque construite sous l’épiscopat de Nicolas Habart (1421-1431) ; il a toutefois été décidé et certainement achevé sous l’épiscopat de Zénon de Castiglione. Le document, d’aspect soigné, est certainement une mise au net : chaque section est marquée par un titre en module plus gros (débutant souvent par une initiale à cadeau), chaque volume est clairement séparés du suivant et introduit par une initiale plus marquée ; on note toutefois quelques additions d’une autre main : par ex. , f. 43, additions interlinéaires ou à la fin de l’article (arts. 31, 34, 129 ; les arts. 110-117 sont peut-être d’une autre main) et ajout des arts. 32 et 33, 173 ou, f. 48 v, la note portée en marge de l’article 98. Les 192 mss. décrits dans cet inventaire sont énumérés dans l’ordre dans lequel ils sont placés sur les dix pupitres (5 à droite, 5 à gauche) ; les livres semblent enchaînés sur les pupitres de droite ("secundum ordinem cathenarum") ou simplement disposés sur ceux de gauche ("In secundo [jusqu’à "quinto"] pulpito sunt libri sequentes"). Les rédacteurs de l’inventaire ont numéroté les articles et reprennent la numérotation à 1 à chaque nouveau pupitre ; chaque article semble décrire un seul volume ("primum volumen…", "secundum volumen continet…"). Les rédacteurs donnent (assez systématiquement au début, plus aléatoirement dans la suite du catalogue) plusieurs incipit (généralement celui du premier folio, et ceux trouvés sur divers feuillets) et l’explicit (souvent du volume). Il leur arrive de donner des précisions paléographiques ou codicologiques sur l’incipit, telles que "litteris magnis" ou "in nigro". À plusieurs reprises, ils relèvent le nom des donateurs de volumes, tels l’évêque (1421-1431) Nicolas Habart (ou "Habard", arts. 5, 6, 9, 10, 25, 31, 122) ; le chanoine Johannes d’Aigny (arts. 8, 11 et 12), également chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris et l’un des clercs de la Chambre des comptes du roi Charles VI ; le chanoine de Bayeux et de Thérouanne, Petrus Bosquerii (ou Boschier) (art. 14) ; le chanoine de Vendes [ou Vendis], Johannes Gervasii (art. 32), l’un des rédacteurs de l’inventaire ; le doyen Jean Du Homme, archidiacre des Veys [ou Citra Vada] et compétiteur malheureux de Nicolas Habart au siège épiscopal (art. 125) ; l’archidiacre et écolâtre de Bayeux, Laurent Le Berruier (arts. 146-147, 148, 149). On a toutefois de bonnes raisons de penser que tous les noms de donateurs n’ont pas été relevés (Peyrafort-Huin, à paraître).
À la première lecture, l’inventaire paraît suivre un classement méthodique, même si les divisions ne sont pas explicites : par ex. , les volumes de droit canon semblent rangés sur les premier et deuxième pupitres du côté gauche, alors que les volumes de lettres et philosophie semblent se situer sur les quatrième et cinquième pupitres de ce même côté gauche. On retrouve sans surprise des textes de patristique, des sermonnaires, relativement peu d’hagiographie et d’histoire ; mais on ne peut que relever la présence dans la bibliothèque de certains textes plus rares, notamment classiques, tels Juvencus (art. 96), Apulée (art. 159), Térence (art. 161), Horace (arts. 164, 172, 173), Juvénal (art. 165), Ovide (art. 168), Lucain (art. 170), Claudien (art. 182), et, en un même volume (art. 162) les philosophes Calcidius et Cicéron (De amicitia, De senectute), et le poète Perse, ainsi qu’un recueil qui paraît presque complet des œuvres de Virgile (art. 163) ; ce riche ensemble de textes classiques fait immanquablement penser à une personnalité aussi éminente que celle de Philippe de Harcourt, mais il est loin d’être le seul (s’il l’a jamais fait) à avoir enrichi la bibliothèque (voir les dons de Louis ii de Harcourt). L’absence des livres liturgiques laisse penser qu’il ne s’agit là que de la bibliothèque commune.
Certains titres, sans doute mal lus par le rédacteur, posent des problèmes d’identification : s’il est assez aisé d’identifier à la dédicace composée par Hucbald de Saint-Amand sur le De sobrietate de Milon (Schaller – Könsgen, n°1441 ; voir Chartier [Yves], "Clavis operum Hucbaldi Elnonensis : Bibliographie des œuvres d’Hucbald de Saint-Amand", dans Journal of medieval Latin, 5, 1995, p. 204-224), l’intitulé "quedam metra Hugbaldi que diriguntur Karolo imperatori Augusto" (art. 79), il est déjà plus difficile d’identifier la mention "Aldelinus de Egymnicorum exemplis" au De virginitate d’Aldhelm de Malmesbury, dont le deuxième chapitre s’intitule précisément "De gymnicorum exemplis" (art. 59) ou d’identifier à Lambertus de Salinis, auteur de Distinctiones sur le droit civil, l’auteur dénommé "Lambertus de Salvis" (art. 156) ; le "Dyalogum philosophicum ad ducem Northmannie" désigne sans doute le Dragmaticon philosophiae de Guillaume de Conches, qui se présente sous forme de dialogue entre un Philosophicus et un Discipulus et est dédié à un duc de Normandie et comte d’Anjou (art. 161).
À la première lecture, l’inventaire paraît suivre un classement méthodique, même si les divisions ne sont pas explicites : par ex. , les volumes de droit canon semblent rangés sur les premier et deuxième pupitres du côté gauche, alors que les volumes de lettres et philosophie semblent se situer sur les quatrième et cinquième pupitres de ce même côté gauche. On retrouve sans surprise des textes de patristique, des sermonnaires, relativement peu d’hagiographie et d’histoire ; mais on ne peut que relever la présence dans la bibliothèque de certains textes plus rares, notamment classiques, tels Juvencus (art. 96), Apulée (art. 159), Térence (art. 161), Horace (arts. 164, 172, 173), Juvénal (art. 165), Ovide (art. 168), Lucain (art. 170), Claudien (art. 182), et, en un même volume (art. 162) les philosophes Calcidius et Cicéron (De amicitia, De senectute), et le poète Perse, ainsi qu’un recueil qui paraît presque complet des œuvres de Virgile (art. 163) ; ce riche ensemble de textes classiques fait immanquablement penser à une personnalité aussi éminente que celle de Philippe de Harcourt, mais il est loin d’être le seul (s’il l’a jamais fait) à avoir enrichi la bibliothèque (voir les dons de Louis ii de Harcourt). L’absence des livres liturgiques laisse penser qu’il ne s’agit là que de la bibliothèque commune.
Certains titres, sans doute mal lus par le rédacteur, posent des problèmes d’identification : s’il est assez aisé d’identifier à la dédicace composée par Hucbald de Saint-Amand sur le De sobrietate de Milon (Schaller – Könsgen, n°1441 ; voir Chartier [Yves], "Clavis operum Hucbaldi Elnonensis : Bibliographie des œuvres d’Hucbald de Saint-Amand", dans Journal of medieval Latin, 5, 1995, p. 204-224), l’intitulé "quedam metra Hugbaldi que diriguntur Karolo imperatori Augusto" (art. 79), il est déjà plus difficile d’identifier la mention "Aldelinus de Egymnicorum exemplis" au De virginitate d’Aldhelm de Malmesbury, dont le deuxième chapitre s’intitule précisément "De gymnicorum exemplis" (art. 59) ou d’identifier à Lambertus de Salinis, auteur de Distinctiones sur le droit civil, l’auteur dénommé "Lambertus de Salvis" (art. 156) ; le "Dyalogum philosophicum ad ducem Northmannie" désigne sans doute le Dragmaticon philosophiae de Guillaume de Conches, qui se présente sous forme de dialogue entre un Philosophicus et un Discipulus et est dédié à un duc de Normandie et comte d’Anjou (art. 161).
Caen, AD du Calvados, 6 G 199, f. 41-54 (d’après la foliotation en chiffres arabes rubriqués, Deslandes ayant adopté celle en chiffres romains, xxxvii-xlix).
Deslandes, 1889, p. 271-294 (édition p. 272-287, sans rapprochement avec les mss. subsistants et sans indication des différentes mains).
Monique Peyrafort-Huin, 2011.
Gottlieb 252
BMMF 199.
Peyrafort-Huin, à paraître (datation et identification des donateurs).
Personne
Type | Notice | Date | Lieu | Commentaire | |
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a pour possesseur principal
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Chapitre cathédral Notre-Dame de Bayeux |
Import BMF (03/03/2025 09:39)